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TECHNIQUE D'ARTHROSCOPIE DE HANCHE

 

L’arthroscopie de hanche, découverte par M. Burman dans les années 30, a été vraiment développée par 2 rhumatologues pionniers français, Henri Dorfman et Thierry Boyer à la fin des années 70. Actuellement cette technique délicate est en pleine expansion, et de nombreux auteurs allemands et anglo-saxons ont participé à l'extension de l'apprentissage de la technique et à l'élargissement des indications.

Cette chirurgie est cependant d’apprentissage difficile et nécessite un matériel spécifique comme une table de traction, des optiques particulières à 70°, des canules et des guides souples, ainsi que l’aide obligatoire d’un amplificateur de brillance pour se repérer.

Les complications de cette chirurgie sont encore nombreuses et limitent à un groupe d’initiés cette chirurgie complexe. Les lésions périnéales et nerveuses en rapport avec la traction, des lésions cartilagineuses ou une lésion labrale suite à une pénétration articulaire agressive et un geste incomplet sont les principales complications de cette chirurgie. Un long apprentissage et un patient compagnonnage au contact d'experts sont les clés indispensables pour une bonne pratique de l'arthroscopie de hanche.

Si l'on devait résumer l'état d'esprit des chirurgiens orthopédistes au début des années 2000, l'arthroscopie de hanche serait une technique difficile, hasardeuse voire dangereuse, et surtout limitée à des indications exceptionnelles. En fait la technique est aujourd'hui mieux codifiée, plus fiable et les complications moins fréquentes.

Outre son rôle diagnostique, elle permet de mieux préciser la pathogénie de certains petits dérangements internes de la hanche, comme les ruptures du labrum, qui peuvent être à l'origine d'une décompensation en arthrose globale. Ainsi par lavage, émondage, synovectomie, ablation de corps étrangers, résections partielles, l'arthroscopie apporte souvent une solution efficace et moins invasive que la chirurgie à ciel ouvert.

Technique

Nous pratiquons à la clinique Keraudren l'arthroscopie de hanche en décubitus dorsal sur table orthopédique, dont nous disposons quotidiennement pour réaliser des actes de chirurgie traumatologique. L'arthroscopie de hanche est réalisée sous anesthésie générale, avec un patient curarisé, pour une meilleure décontraction musculaire et un accès intra-articulaire plus facile. La traction du membre inférieur opéré, légèrement abducté, est aussi plus progressive, mieux contrôlée et ne devra pas dépasser 1 heure.

 

   

 

De petites incisions sont réalisées dans la région autour du grand trochanter, afin d'avoir 2 voire 3 portes d'entrée arthroscopiques qui sont antéro-latérale, antérieure et postéro-latérale. Après dilatation et décoaptation de l'articulation coxo-fémorale, mise en place sous contrôle scopique de face des guides souples et des canules spécifiques. Une arthropompe réglée à 50 mm de pression est conseillée. Une caméra pourra ainsi être introduite à l'intérieur de l'articulation, le plus souvent par l'intermédiaire de la voie antéro-latérale.

 

  

                   

    

 

Les zones visibles dans la hanche se résument à 2 compartiments : un compartiment central et un compartiment périphérique.

Le compartiment central est la région de la hanche qui contient la zone cartilagineuse en "croissant" et est comprise entre la tête fémorale et le pourtour acétabulaire. Les lésions cartilagineuses et les fissures ou les déchirures du labrum (bourrelet cotyloïdien) peuvent être visualisées et traitées dans ce compartiment. Le compartiment périphérique est la région du col fémoral et de la capsule articulaire de la hanche. Les "bosses" de la tête fémorale, et les autres déformations induites par un conflit fémoro-acétabulaire peuvent être ainsi retirées dans cet espace de travail. Les lésions du labrum peuvent être soit réséquées soit réinsérées en fonction de leur type et de leur importance.